cahier

24 septembre 2014

en résidence

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En résidence, c'est un temps d'écriture qui est accordé à un auteur pour un moment donné et rémunéré par un organisme précis autour d'un sujet particulier. Sauf que là, je suis en résidence chez moi. Un jour, bientôt mais pas encore, j'irai plus loin, en Islande pour un projet qui me tient à cœur. Il faut juste que je boucle le financement et c'est toujours pareil, ça prend du temps. Mais pour l'instant, je suis chez moi à écrire ce texte pour ados autour du tennis et c'est la Bibliothèque départementale des Bouches du Rhône qui m'a accordée cette bourse. Ecrire sur le sport est un vrai challenge. Pour plusieurs raisons. Les mondes littéraires et sportifs sont parfois trop éloignés et ne se comprennent pas. Mais pas toujours non plus... Rappelons nous Blondin, Murakami.... Enfin, eux, ce sont Blondin et Murakami et moi, je suis moi. Ecrire sur le tennis, c'est essayer d'éviter le commentaire sportif, c'est être sur le court une raquette à la main, c'est suer, vibrer, stresser, c'est chercher à se dépasser, à aller plus loin malgré la fatigue, malgré les blessures, malgré l'adversaire plus talentueux, c'est trouver en soi l'énergie pour tenir, tenir et peut être marquer. Et ça, ça me plaît. Et ça me connaît aussi. L'endurance toute la journée, vissé à ma chaise, mon corps en miettes à la fin pour avoir lutté et cherché à écrire ces foutues bonnes phrases autour desquelles je tourne depuis des jours. Et sortir de ma journée vidée entièrement comme si j'avais parcouru un marathon. Et là, je reviens encore à Murakami et à son Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, livre indispensable à mon sens. Pourquoi avoir choisi le tennis ? Et pas le basket, la course, le foot ? Sans doute parce que c'est le sport que je connais le plus pour l'avoir vécu à fond pendant mon enfance lointaine et sans doute aussi parce que grâce au tennis j'ai pu traverser l'adolescence sans trop d'ennui, de torpeur. J'aimais taper, frapper, jouer avec des garçons meilleurs que moi et essayer de me mesurer à eux en frappant des boulets de canon. Sport individuel, apprentissage de soi face à l'adversité. Mon écueil, ce fut ma trop grande émotivité qui me rattrapait quand je ne m'y attendais pas chaque fois et qui m'a empêché de progresser. Une émotivité incapable à maîtriser. C'est comme ça et ce n'est pas grave. Et si je joue encore aujourd'hui, c'est juste pour retrouver cette fluidité du geste et du beau coup. Tiens d'ailleurs, je vais faire des pâtes ce soir. Vous savez bien, les sucres lents... Pour préparer ma journée marathon de demain...

La photo est de Jacques Henri Lartigues, elle date de 1913. Rien à voir avec le tennis des années 2000 !

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09 septembre 2014

la feuille est là

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Une feuille verte est arrivée à la maison. Le livre est déjà sorti en librairie et est publié par les éditions Sarbacane. Il est beau, il est grand et le papier est doux. Je suis épatée par le travail de ma copine illustratrice, Candice Hayat qui a dessiné un personnage si attachant. Et ce n'était pas une mince affaire que de rendre vivante cette petite feuille... 

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25 août 2014

le temps qui passe...

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Le temps qui passe et ce nouveau livre Une feuille verte illustrée par la très talentueuse Candice Hayat, qui va paraître dans quelques jours aux éditions Sarbacane. Une feuille verte qui refuse son destin de feuille et qui se bat contre l'hiver qui la malmène... Je devrais l'avoir en mains très bientôt et j'ai hâte.

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17 mars 2014

en fanfare

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Illustrations © Julia Wauters

En fanfare, le printemps s'annonce. Les amis viennent à la maison, les jupes courtes s'affolent sur les jambes, les visages retrouvent des couleurs et mon cœur qui bat d'impatience...
Bientôt Fanfare paraît aux éditions Sarbacane. Julia Wauters, aux manettes graphiques, signe ces magnifiques illustrations . 
Happy, happy, happy. Je suis.

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13 janvier 2014

ombre et lumière

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photographie © Magnus Aström

L'ombre de 2013 traine encore un peu... Et pourtant, je suis déjà entièrement en 2014. Oubliant les mois passés, je regarde devant.
Je reçois chaque semaine des dessins magnifiques de Candice Hayat mais aussi de Julia Wauters. Des livres en construction pour cette année. 

Ombre et lumière me fait penser immédiatement à l'Eloge de l'ombre de Junichiro Tanizaki que j'ai dévoré lorsque j'étais étudiante, puis relu bien plus tard. Il faudrait à nouveau que je le réouvre...

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27 novembre 2013

la nuit, toujours...

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Photographies © Adam Jeppesen

Aujourd'hui, j'aime la nuit, je n'ai plus peur qu'elle m'engloutisse. Je plante mon nez dans la fenêtre glacée et je tente de percevoir les lueurs dehors. 

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18 novembre 2013

avant

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photographie de Marc Cohen

Avant, pendant ma période malabar qui a du durer une bonne dizaine d'années, j'étais l'as des bulles phénoménales. Si par malheur, elles venaient à exploser, je n'avais plus qu'à essayer de décoller ces pauvres lambeaux de mes joues d'enfant.
Maintenant, je récupère les papiers oubliés de "chwing" dans la maison, on ne sait pourquoi, par ces enfants qui sont miens. L'autre jour, j'en ai même profité pour tatouer malabar le garçon avec qui je vis. J'ai juste regretté qu'il n'y ait point de tatouage maori. ça m'aurait bien plu d'avoir un homme maori le temps de quelques jours...

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chiffres

chiffres

 

Se mettre à écrire sur les chiffres, ce n'est simple surtout si, comme moi, on fut nulle en math. Nulle et bloquée et paniquée aussi, face à l'irrémédiable précipice dans lequel j'étais précipitée. Le néant. Je n'y arriverai pas, je n'y arriverai jamais. Mais pourtant, les chiffres sont bien là. Toujours. Ils me pousuivent avec leurs codes, numéros à retenir, intégrer en soi. Et mes comptes à vérifier (ne m'en parlez pas), mon âge (quel âge déjà ?), ma pointure, ma taille de vêtements, les déclarations d'impots à faire (ah oui, ça ! quelle angoisse !). Les chiffres partout présents dans notre monde. 
Heureusement, je ne suis pas seule. J'écris avec Françoise. Elle aussi comme moi a grandi avec l'angoisse des chiffres et à nous deux, on leur règle leurs comptes et on essaye de résoudre aussi. Ben oui, quand même...
Et chose étrange, alors que j'avais une résistance à retenir mon numéro de sécurité sociale, quelque chose a dû céder en moi car maintenant je le sais parfaitement. Enfin, c'est un tout petit début. Un espoir ? I hope....

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11 novembre 2013

après la tempête

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Photographie : lawa

J'ouvre à nouveau une fenêtre en cette journée d'automne. Les jours sont passés les uns après les autres et parfois, je me disais à quoi bon. J'avais juste envie de silence.
Cette nuit, le vent a soufflé comme jamais, réveillant le balcon et le faisant geindre et grincer. J'avais l'impression d'être sur un vaisseau, qui s'acharnait à rester sain et sauf sur la mer tourmentée. J'ai pensé à ce livre La tempête que ma fille me réclamait presque tous les soirs. le texte est de Florence Seyvos et les illustrations de Claude Ponti. C'est la tempête, donc, un vent fou s'abat sur cette maison, la transperce et l'eau qui monte, monte... La famille se replie sur le lit avec quelques objets dont la petite bergère en porcelaine. En attendant la fin de cette folie furieuse, ils se font un gouter de nuit avec des biscuits à la cuiller. Je me souviens des yeux brillants de ma fille, un gouter de nuit... c'est merveilleux...
Nous n'avons pas fait de gouter cette nuit mais deux enfants ont dormi dans le même lit et un autre a fait des cauchemars.
En attendant que le vent s'apaise, nous restons an chaud à la maison et sans doute, tout à l'heure il y aura un gouter de crêpes...


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26 juillet 2013

avec les ailes du désir

les ailes du désir

Cette photo est extraite du film Les Ailes du désir de Wim Wenders et l'ange qui regarde le vide, c'est Bruno Ganz (Ah... Bruno Ganz...).
Hier j'ai retrouvé le scénario (je retrouve plein de trucs en ce moment), je me souviens l'avoir lu amoureusement après avoir vu plusieurs fois le film.
Le scénario est signé Wim Wendres et Peter Handke.
Peter Handke, justement... Mais j'y reviens plus loin.

J'adore podcaster des émissions de radio. Ces émissions que je ne peux pas écouter la journée parce que j'écris le plus souvent et que je supporte uniquement la musique pour m'accompagner. Mais ces perles radiophoniques qu'on peut réécouter à loisir quand on veut, ou on veut, c'est, pour moi, de l'ordre du merveilleux. Ce sont des voix qui vous poursuivent et qui, souvent, vous aident à mieux comprendre le monde (et franchement, c'est pas mal parfois...). Les podcasts que j'affectionne le plus sont ceux consacrés aux écrivains (on se demande pourquoi...).

Sur France Culture, il y a cette série d'émissions A voix nue, entretiens magnifiques avec Peter Handke. Je crois bien avoir écouté 4, 5 fois chaque volet des 5 émissions. Et j'ai enfin ouvert ce livre qu'on m'avait offert il y a bien 25 ans et que je n'avais toujours pas lu, La leçon de la Sainte Victoire. Je ne regrette pas d'avoir d'avoir attendu tout ce temps, c'est de la broderie, oui, je vous le dis, de la broderie. Le livre était poussiéreux mais maintenant, il est corné, il y a de nombreuses pages qu'il faut que je relise absolument.

Et je viens déjà de terminer la correspondance d'Hervé Guibert et Eugène Savitzkaya, Lettres à Eugène.
Ma vie ne vaut d'être vécue sans ces compagnons de route, les livres et leurs auteurs... (Qu'ils soient bénis d'exister)

 

 

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