cahier

16 mai 2013

avec le temps

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Peinture de Earl Cunningham

En ce moment, les conversations quotidiennes ne tournent qu'autour du temps et de la météo comme ce matin au bistrot : as tu ressorti tes affaires d'hiver ? il fait froid, il fait froid, froid... j'en ai marre, on en a tous marre... Ah. Oui c'est vrai, les journées ensoleillées sont rares. Il a plu des trombes d'eau la nuit dernière et j'imaginais, entre deux rêves, que la maison allait s'effondrer sur nous.
Le temps, toujours et moi qui vais bientôt avoir un an de plus et qui ne comprends rien à ce temps qui s'accellère, qui m'échappe et que je n'arrive plus à rattraper.
Et puis pourquoi  les journées ne font elles donc pas plus de 24 heures et les semaines 10 à 12 jours ? Je voudrais écrire des chansons, une pièce de théâtre, finir mon roman, en commencer un autre, écrire de la poésie, de nouveaux textes pour des albums. Je voudrais, j'aimerais... Mais le temps, toujours ce temps, foutu temps !

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06 mai 2013

ombre et lumière

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Photographie Tyler Rein

annecortey, annecortey, annecortey, ça c'est quand je suis dans la lumière, moi travailleuse de l'ombre, au milieu d'enfants qui me regardent les yeux écarquillés comme si j'étais le messie en personne (oui, oui !). annecortey, annecortey, annecortey... mon prénom et mon nom sont réunis pour devenir un tout. annecortey, annecortey... J'en ai rêvé déjà plusieurs fois de ce annecortey, cette entité qui est censée être moi, moi et moi. Suis je d'ailleurs vraiment cette annecortey ? Je me le demande parfois...
Quand je retourne dans ma caverne, anne, anne, anne comme un souffle me parvient aux oreilles. Et moi, je dois à nouveau me réhabituher à ma grotte et à cette ombre que je chéris, pourtant.

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25 avril 2013

avec le silence

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Photographie © Andreas Heumann

Si je suis devenue auteure, c'est sans doute (évidemment !) à cause du (grâce au ?) silence dans lequel j'ai grandi. J'ai mis des mots pour l'habiter, lui inventer un décor, une vie. Le silence est devenu ma page blanche. Ma page blanche quotidienne. Me raconter des histoires et derrière le blanc faire apparaittre les reliefs, les couleurs. Le silence mortifère ne m'a pas engloutie. J'ai semé, je continue, je continuerai, longtemps, j'espère.

Cette semaine sur France Culture, l'émission Pas la peine de crier ouvre son heure, de 16 à 17 au silence. Tous les silences. Car il y en a qui sont nécessaires et bénéfiques, heureusement. On peut l'écouter, la réécouter ou la podcaster ici !
H
ier l'émission était consacrée à la guerre d'Algérie et au vide de mots autour de ce conflit depuis les années 60. Les taiseurs qui sont revenus sont nos pères, nos grands pères. Le silence dans lequel j'ai grandi n'a t'il justement pas trouvé son origine là-bas ?
Lui tordre définitivement le cou. Voilà ce que je vais faire.

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05 mars 2013

les dernières lettres et puis voilà...

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Peinture : Michaël Dumontier et Neil Farber

Les trois dernières lettres de notre texte sont E R A (Sera ? Deviendra ? On verra...). Puis suivent des point de suspension comme trois petits cailloux déposés sur le sol pour continuer le chemin. Ce serait alors au lecteur de mettre le point final et définitif pour clore l'histoire. 
Mais ce texte est écrit à deux. Françoise et moi, à distance, elle en Bretagne, moi en Provence.
Nos 2 yeux sont 4. Avec nos 4 jambes, nous courrons ensemble après les idées, nos 4 mains pour les attraper et nos deux têtes pour tricoter l'histoire. Une maille à l'endroit, une maille à l'envers. On avance, on défait, on retricote, on redéfait. 3 pas en avant, 4 en arrière, jusqu'au jour où bon...là ça va. Enfin, on trouve... Alors il faut envoyer le texte. On écrit un mail, "bonjour madame", on ajoute en pièce jointe notre histoire tricotée durant nos heures d'hiver, on clique sur Envoyer, on fixe intensément la barre de progression d'envoi puis ding, dong ! Mail envoyé et reçu aussi sec. Et un jour sera lu... 
Et j'ai beau avoir d'autres chantiers en cours, il y aura de toute façon ce petit vide au creux du ventre. Le vide après le plein, les rendez-vous de semaines en semaines, les mails reçus, annotés, corrigés, les discussions interminables au téléphone et le texte à repenser, retravailler sans cesse. Le manque se dessine déjà...
Françoise, ma sœur Françoise, ne vois tu rien venir ?

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04 mars 2013

confronter

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Les crayonnés, d'Olivier Charpentier, posés sur mon bureau avec post it et carnet 

Je lui avais proposé un texte, il l'avait aimé mais il m'avait dit qu'il prendrait son temps. Il ne se consacrait alors qu'à la peinture, rien qu'à la peinture. 
Plusieurs années sont passées, j'étais en train de faire le deuil de cette possible collaboration et de me détacher de ce projet qui, pourtant, m'était cher. Je l'enterrais, je voulais l'oublier, passer à autre chose. Et puis un jour de février, j'ai reçu une enveloppe de lui, l'illustrateur revenant. C'était ses crayonnés et sa proposition de découpage de l'histoire.
Je commence maintenant à avoir l'habitude  de voir des esquisses mais des comme ça, des dessins aussi aboutis, j'en avais jamais vus. Et ils sont magnifiques. Parfois, ça vaut vraiment le coup d'attendre !  Et mon texte, à présent, me semble bien pauvre... Alors, je le reprends, je le retravaille, je coupe à la serpe ici et là, je le transforme avec ma lecture et mon envie d'aujourd'hui. Une partie des dessins tapisse un mur de mon minuscule bureau. Je m'immerge et m'impregne du récit dessiné. La confrontation de mon histoire à ces images agit comme un moteur, je veux que mon texte soit bon et pour cela, cette fois-ci, c'est moi qui prendrais le temps qu'il faut...

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05 février 2013

étire toi encore un peu

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Illustration © Fanny Dreyer

Bientôt les couleurs éclateront à nouveau, bientôt le printemps éclora. Mais je prie pour que ce printemps reste en retrait et qu'il laisse l'hiver s'étirer encore de tout son long pour accompagner mes virées quotidiennes en vélo. Le froid me saisit et je me sens immensément vivante.
L'hiver est une saison propice à l'écriture. Alors qu'il reste, qu'il s'éternise un peu. Moi, je ne m'en plains pas...

Fanny Dreyer a signé les dessins d'un très beau livre aux éditions de La Joie de lire : Le mystère du monstre

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28 janvier 2013

hier aujourd'hui demain

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Photographie de Yoshinori Mizutani

Demain, j'ai un grand garçon de 6 ans. Aujourd'hui j'ai des courbatures. Ai je trop dansé hier ? A moins que ce soient les microbes qui cherchent à me tirer vers le bas... Pas question, je leur dis !
La semaine dernière, j'ai terminé la deuxième version d'un long texte en cours d'écriture. Je sens déjà que j'aurais besoin d'y revenir de nombreuses fois pour que l'ensemble tienne. Je l'ai mis de côté, je l'oublie un peu et je retrouve celui-ci, fruit d'une écriture à quatre mains avec ma fidèle amie Françoise de Guibert. Blanche était notre première fiction, nous écrivons une nouvelle histoire... A suivre...

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11 janvier 2013

conquérir

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photographies de Vittorio Sella. A voir aussi ici .

Conquéte. Quand faut y aller, faut y aller, ça ira, ça ira, ça ira... Mais pour le moment rien que de voir le sommet à gravir, je ne sais pas si je vais y arriver. 
Tous les jours, le nez dans les textes. Je m'accroche à eux. Heureusement qu'ils sont là.

Thomas Tranströmer et le recueil Baltiques paru dans la collection Poésie/ Galimard

Emily Dickinson et le recueil bilingue Lieu- dit, L'éternité paru chez Points

Les poésies de Gherasim Luca paru dans la collection Poésie/ Galimard

Jon Kalman Stefanson dont j'ai lu Entre ciel et terre, texte abolument sublime, et vais découvrir La tristesse des anges

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07 janvier 2013

j'aurais pu toucher les sommets

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photographie rose and crown

 

J'attendais ce moment depuis longtemps. Laisser passer Noël et se barrer, se casser, larguer les amarres, fermer les portes, oublier son portable, ses mails, presque tout. Une parenthèse. On a gravi la montagne, on a compté les lacets et on est arrivés. On s'est posés puis on s'est laissés aller dans ce blanc bienveillant J'ai marché en famille, seule. On a essayé de reconnaître les traces de sangliers, de cerfs et aussi peut être les empreintes de celui qui rode dans la vallée, le loup. J'ai rechaussé des skis et je me suis posée longuement face à cette fenêtre à l'étage de la maison. Mon carnet sur les genoux, je suis restée des heures à regarder la montagne, la neige fraiche qui s'envolait, chassée par le vent et poursuivant les nuages. Et il me semblait que si je tendais la main, je pourrais toucher les sommets.
Et puis, il y eu cette marche le soir du 31 à presque minuit avec Isa et Mila dans le très grand froid. C'était notre nuit d'hiver. Et là haut au dessus de nous, Pégase clignotait. 

Ici, un très bel article sur Nuit d'hiver illustré par Anaïs.
Et encore ici, la chouette chronique de Denis Cheissoux sur France Inter.

... et un coucou en passant à Pépito, qui passe parfois par là...

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15 novembre 2012

nuit

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La nuit, toujours la nuit avec ces images de Vladimir Bobri pour illustrer en 1958 Sleepy book de Charlotte Zolotow. (merci Caterine !)
Ma nuit à moi, c'est Anaïs Massini qui l'a illustrée. C'est notre Nuit d'hiver et on va bientôt se retrouver toutes les deux au salon du livre jeunesse de Montreuil pour fêter ce nouveau livre.

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